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VaCaRMe : détecter les maladies avant leur apparition

Projet unique en France, VaCaRMe vise à découvrir l’origine génétique de maladies comme l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle ou l’asthme pour les prévenir avant l’apparition des premiers symptômes. Pilotée par des chercheurs nantais, cette étude préfigure la médecine de demain.

Stockés à moins 20°C par le Centre de Ressources Biologiques du CHU de Nantes, plus de 4 000 échantillons sanguins des habitants du Grand Ouest ont déjà été collectés dans le cadre de VaCaRMe. © l’institut du thorax

Peut-on prévoir les risques de maladie grâce à la génétique ? Cette question est au cœur de  VaCaRMe (Vaincre les maladies Cardiovasculaires, Respiratoires et Métaboliques). Ce projet mené par l’institut du thorax s’intéresse aux maladies chroniques fréquentes telles que l’hypercholestérolémie, l’asthme, les troubles du rythme cardiaque, le diabète, les anévrismes intracrâniens... Il repose sur l’étude du patrimoine génétique de 5 000 habitants du Grand Ouest par une centaine de chercheurs. Ces derniers espèrent y trouver les marqueurs biologiques - les gènes - responsables de l’apparition ou de l’évolution des maladies. Pourquoi se focaliser sur la population du Grand Ouest ? « Cette population a la particularité d’être stable : ses habitants ont eu une faible mobilité au cours des derniers siècles. Ils constituent des foyers de population présentant des caractéristiques génétiques communes » détaille Richard Redon, directeur scientifique du projet. Au cours d’une étude précédente, 48 habitants de Pont-Saint-Martin atteints d’une anomalie des valves cardiaques ont par exemple découvert qu’ils avaient tous un ancêtre commun né en 1650. Reste aujourd’hui à identifier le gène à l’origine de la maladie dans cette grande famille.

Vous êtes en bonne santé et vos 4 grands-parents sont natifs des Pays de la Loire ou de Bretagne ? Alors vous remplissez les seules conditions nécessaires pour participer à VaCaRMe. Depuis février 2014, 4 200 volontaires ont déjà donné un échantillon de leur sang lors de collectes réalisées par l'Etablissement Français du Sang. « Cette forte participation est un succès, se réjouit Richard Redon. D’ici la fin de l’année, nous atteindrons notre objectif initial de 5 000 échantillons sanguins. On en extrait l’ADN pour constituer une bio-collection. » L’analyse de cette bio-collection devrait permettre aux chercheurs de cerner les variations génétiques fréquentes au sein de la population régionale. Finalité : « Mieux comprendre comment se développent les maladies pour les prévenir, les dépister plus tôt et proposer de nouveaux traitements. » L’ADN de personnes malades pourra aussi être comparé à la base afin de détecter les mutations génétiques responsables de leur maladie.

 

Préparer la médecine de demain pour réduire l’impact des maladies

VaCaRMe préfigure la médecine personnalisée de demain, une médecine prédictive qui permettra de détecter les maladies avant l’apparition des premiers symptômes. « Aujourd’hui, les patients sont traités lorsque la maladie est installée, ce qui implique souvent un acte chirurgical lourd et coûteux, détaille le chercheur. Prévenir les pathologies permettrait de ralentir leur développement et de pratiquer des interventions moins sévères. Il s’agirait d’une avancée médicale majeure pour le suivi et la prise en charge des patients. » L’impact économique des maladies chroniques serait par ailleurs grandement diminué. Et le projet VaCaRMe ne se limite pas à la recherche biomédicale. Il concerne aussi la formation d’étudiants à la génétique ou à la bio-informatique et doit conduire à la création de nouveaux services ou outils comme des kits de diagnostic. D’ici deux à trois ans, ses résultats devraient faire grand bruit à l’échelle nationale et même mondiale...

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