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AlgoSolis : exploiter l’énorme biodiversité des micro-algues

Inaugurée le 25 juin dernier à Saint-Nazaire, la plateforme publique de R&D AlgoSolis est destinée à trouver des solutions pour exploiter les micro-algues à grande échelle. Ces organismes microscopiques peuvent en effet être utilisés en nutrition, cosmétique, énergie, chimie verte…

Un photobioréacteur utilisé pour cultiver des micro-algues. © GEPEA

« C’est un nouveau secteur qui est en train de s’ouvrir. Il offre d’importantes perspectives pour la recherche et l’industrie » s’enthousiasme Jérémy Pruvost. Professeur à l’Université de Nantes, chercheur au laboratoire GEPEA-CNRS1, il est aussi directeur de la plateforme AlgoSolis inaugurée le 25 juin dernier. Installée sur le campus Gavy-Océanis à Saint-Nazaire, cette plateforme comprend tous les équipements techniques nécessaires pour mener des projets de recherche sur les micro-algues. Objectif : trouver des solutions pour les utiliser à grande échelle, à l’échelle industrielle. L’exploitation de ces micro-organismes aquatiques ouvre en effet des perspectives énormes dans de très nombreux secteurs.

« Les micro-organismes photosynthétiques existent depuis plus de 3 milliards d’années, rappelle Jérémy Pruvost. C’est eux qui ont modifié l’atmosphère de la terre en transformant le dioxyde de carbone en oxygène. Et avec 3 milliards d’années d’évolution, ils offrent une énorme biodiversité. » Il y aurait en effet plusieurs centaines de milliers d’espèces et seules « quelques dizaines sont aujourd’hui exploitées. » Certaines de ces micro-algues sont par exemples capables de produire des protéines, d’autres des lipides, des sucres ou des pigments. Ces molécules peuvent être utilisées pour fabriquer des biocarburants, des cosmétiques, des compléments alimentaires, des bioplastiques, des aliments pour les animaux et même des bio-bitumes ! « La culture des micro-algues peut aussi permettre de dépolluer des effluents industriels, poursuit le chercheur. On peut ainsi recycler le dioxyde de carbone issu des fumées ou valoriser les rejets riches en nitrates et en phosphates d’une station d’épuration. »

Chlorella Vulgaris, une micro-algue d’eau douce source de protéines et de lipides. © GEPEA

Aujourd’hui les chercheurs maîtrisent bien la culture des micro-algues en laboratoire. Leur défi « est désormais d’arriver à les cultiver sur plusieurs hectares, à les rendre concurrentielles » comme le résume le directeur de la plateforme. Et c’est bien le rôle d’AlgoSolis. Ici on trouve par exemple une vingtaine de lignes de production. Il s’agit de photo-bioréacteurs ou de grands bassins dans lesquels «on va tester différentes technologies de culture. Il n’existe pas encore de technologie standard, ce n’est pas comme l’agriculture. » Un peu plus loin les chercheurs ont accès à une halle de bio-raffinage pour fractionner, concentrer et purifier les substances issues des micro-algues. « Ce sont des organismes microscopiques, il est très difficile d’en extraire des molécules d’intérêt. Ce n’est pas comme une graine de colza qu’il suffit d’écraser pour en récupérer l’huile. » Mais les micro-algues ont un dernier atout de taille : leur productivité. « A l’hectare, elle est dix fois supérieure à celle des plantes terrestres. »

1Génie des Procédés Environnement et Agroalimentaire

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