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Un pancréas bio-artificiel

Un pancréas bio-artificiel

Le Centre de Transfert de Technologie du Mans (CTTM) a contribué à élaborer un dispositif gérant de façon autonome le taux d’insuline dans le sang.

Mine de rien, c’est un peu dans l’univers de l’anticipation que nous emmènent les chercheurs et ingénieurs du CTTM. Imaginez un monde où les organes défaillants de votre corps seraient remplacés par des organes artificiels. Finies les transplantations. Un système pratique à double titre : pour un fonctionnement sans faille, tout d’abord. Et surtout aussi pour éviter les rejets liés aux réactions immunitaires du corps hôte. Avenir lointain ? Sans doute plus proche qu’on ne le pense. Ainsi, si tout va bien, les diabétiques n’auront bientôt plus besoin de se faire des injections d’insuline plusieurs fois par jour. Le CTTM a contribué à mettre au point une poche qui reproduit à l’identique le fonctionnement du pancréas : mesurer le taux de glucose dans le sang et sécréter de l’insuline en conséquence. En somme, un pancréas artificiel. “Très exactement “bio-artificiel”, corrige Pascal Marmey, responsable du pôle Ingénierie biologique et médicale au CTTM. “Bio”, car la poche contient des cellules vivantes qui sécrètent de l’insuline ; et “artificiel” car le tout est englobé dans une sorte de poche en plastique.” 
 
Plus précisément, l’idée est d’implanter une poche dans l’abdomen du patient. Le point central du dispositif réside dans la porosité des membranes semi-perméables composant les parois de cette poche. Il faut que, dans un sens, elles laissent passer l’insuline sécrétée par les cellules qui se trouvent à l’intérieur, et dans l’autre, qu’elles permettent la pénétration du glucose.  
Une fois dans le corps du patient, la poche sera comme “colonisée” par l’organisme. Toutes sortes de molécules et de cellules seront alors susceptibles d’en boucher les pores rendant ainsi le dispositif inopérant.
 
Deux traitements
 
Pour pallier ces problèmes, deux traitements ont été mis au point par les chercheurs du CTTM. Pascal Marmey : “Les matières plastiques ne sont pas hydrophiles. Une goutte d’eau par exemple a tendance à glisser, elle ne s’étale pas. Or le corps est constitué en majorité d’eau. Nous opérons donc une modification de surface de la poche avec pulvérisations et trempages, de façon à ce que les molécules se fixent plus facilement. La matière a ainsi plus d’affinité avec son environnement.” L’ensemble des opérations permet de préserver cette porosité particulière à double sens. 
On remplit ensuite la poche de cellules insulino-sécrétrices. “Soit des cellules de pancréas d’un donneur, soit des cellules animales, soit même des cellules génétiquement modifiées.” D’un côté, le glucose rentre dans la poche. Et en fonction des taux détectés par les cellules qui s’y trouvent, elles produisent de l’insuline qui passe la membrane pour aller dans le sang. Le taux de glycémie se règle donc automatiquement. Une nouveauté et un confort de vie important pour les diabétiques. Car même avec des pompes perfectionnées comme c’est le cas actuellement, c’est encore le patient qui surveille sa propre glycémie.
Il faudra néanmoins prévoir de remplir régulièrement la poche avec de nouvelles cellules, disons par exemple une fois tous les 6 mois, précise Pascal Marmey. A terme, on pourrait imaginer que les patients remplissent et vident eux-mêmes cette poche avec une seringue.” On n’en est pas encore là, des essais cliniques sur l’homme doivent avoir lieu d’ici 2015 et seront menés par la société DEFYMED, créée pour cela. Dans peu de temps en fait...
L. Salters

Commentaires

Portrait de Anonymous
de Anonymous (non vérifié), le mer, 19/03/2014 - 14:58
Après le coeur artificiel Carmat du Pr Carpentier ce serait extraordinaire compte tenu du manque de greffon pour les malades en attente de greffe(250 décès de malades en attente de greffe). Un bénévole de france ADOT 35(président fondateur,créée en 1975:association pour la promotion du don d'organes et de tissus humains)la 1ère de france.

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